"L'histoire n'a principalement retenu comme héritiers ou adversaires de Descartes que Malebranche, Spinoza, Leibniz et Pascal.
Jamais cité, peu ou pas étudié, Fénelon est pourtant l'un des cartésiens les plus rigoureux et les plus novateurs, celui qui donne de la métaphysique des Méditations la lecture la plus cohérente mais aussi la plus inattendue
Il révèle un cartésianisme négligé ou insoupçonné : un cartésianisme tout entier orienté vers la connaissance de l'infini, cartésianisme de l'amour de Dieu.
Anti-Pascal du Grand Siècle, Fénelon demande de dépasser l'opposition trop facilemeent répétée entre Dieu des philosophes et Dieu des croyants, car la philosophie, lorsqu'elle est connaissance de l'infini, c'est à dire de Dieu dans ce qui fait sa divinité même, ouvre la réalité du Dieu de la Révélation et constittue l'apologétique la plus convaincante.
Fénelon prouve et donne ainsi à comprendre que le rationalisme cartésien représente l'une des meilleures voies d'accés à Dieu- et à son amour"