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FénelonActualitéLES RESTES MORTUAIRES DE FENELON

 

 

LES RESTES  MORTUAIRES DE FENELON

 

1. L’inhumation

 

Fénelon mourut le 7 janvier 1715, à cinq heures un quart du matin, dans sa 65 année.

Les Annales du temps ne donnent pas, que je sache, le nome de sa dernière maladie. Mais le diagnostic rétrospectif m'en parait facile, d’après sa durée, sa marche et son traitement. Elle  débuta brusquement dans la soirée du 1er janvier, et évolua par conséquent en six jours. Parmi ses symptômes, on relève nettement une hvperthermie marquée et le point de coté classique : « C’était une inflammation de poitrine ave une fièvre intense et douleurs aiguës. Les remèdes employéssont significatifs : le célèbre Chirac, venu de Paris en consultation, fit administrer l'émétique.

Lors de l’ouverture du corps, enfin, on trouva « les poumons ulcérés et dans un état déjà avancé de purulence » . Aucun doute n’est donc possible : C'est d'une pneumonie qu'il s'agit.

L'embaumement eu le jour même du décès : il fut fait avec beaucoup de soin : la cavité crânienne elle-même fut remplie d'aromates puisque la tête, après la Révolution, fut retrouvée en deux parties séparées par un trait de scie transversal.

Les funérailles solennelles furent célébrées onze jours plus tard, les 18 et 19 janvier, le corps absent. Elles auraient même été reculées jusqu'au 23, si l'on s’en rapporte au « billet de mort », reproduit au Tome. 17 des Mémoires de la Société d'Emulation . Quoi qu'il en soit, l'inhumation se fit sans aucune pompe le lendemain du décès, 8 janvier, dans l'après-midi. Le cadavre après l'embaumement, avait été exposé dons le grand salon du palais, tendu de noir, ainsi que le vestibule et le portique d'entrée. Pendant toute. la matinée, des messes avaient été dites devant le lit de parade. Après le chant des complies, le Chapitre vint  procéder à la levée du corps et le modeste cortèges gagna l'église à la lueur des torches.

Le trajet fut très court. Le palais de Fénelon, dont le portail est encore debout, touchait à la cathédrale. (elle-ci s'élevait sur la place qui porte toujours le nom de l'illustre Archevêque. C'est sur ses ruines qu'on a dessiné le square du jet d'eau. M. Peinte a très heureusement superposé le plan des massifs actuels et celui de la vieille métropole. Rien n'est donc plus facile que d'en repérer tontes les parties.

Fénelon fut inhumé dans cette cathédrale, à l'entrée du chœur à droite. Il ne resta là que cinq ans. Mais si I'on s’en tient à retrouver la trace de ce point,il suffit, de longer la grille du square, en partant de l'entrée principale (celle qui fait face à la rue Quérénaing «  pour se diriger vers le théâtre. Le coté, droit de l'entrée du chœur était près de la grille, a peu près à distance égale; de 1’entrée du Square et de 1"angle du Théâtre.

En 1720  on construisit, sous le maître autel, un caveau réservé aux archevêques dont jusqu’à là les dépouilles étaient dispersées dans les diverses parties de l'église, et le 28 mars de cette même année on y transféra le corps de Fénelon . Sur la pierre qui fermait le four de Fénelon, on grava : Hic jacet Franciscus de Salignac de la Mothe Fénelon, Archiepiscopus Camrarencis defuntus die septima januarii 1715, e priori tumulo hùc translatas, die 28 martii 1720.

 

Quatre ans après ce transfert, le marquis de Fénelon fit ériger sur le tombeau de son grand- oncle, probablement au pourtour du chœur, un mausolée en marbre, avec buste, par Lemoyne, sculpteur ordinaire du roi. Le buste nous est parvenu, bien que légèrement détérioré. Il figure au musée de la ville sous le n° 42 du catalogue. L'abbé Rudemare, dans son Journal de Voyage en 1790, journal reproduit par M. Delloye au T. 2 des « Variétés Cambrésiennes » commet donc une erreur, quand il dit, à propos de l'aimable archevêque de Cambrai, « pas de monument ».

C'est dans ce nouveau caveau, creusé en 1730 sous le maître-autel, qu'on devait retrouver après la révolution les restes de Fénelon : il y a donc intérêt à en déterminer l'emplacement exact.

De l'entrée principale du jardin, face à la rue Quérénaing, dirigeons-nous vers la maison qui se trouve à l'angle de cette rue, l'estaminet du Jet d'Eau. A mi-route, faisons un changement de direction à droite et prenons pour objectif l’angle gauche du Théâtre. Dès les premiers pas, longeant le petit terre-plein de la place, terre-plein que nous avons par conséquent sur notre gauche à présent, nous sommes au-dessus des ruines du caveau en question..

 

2. La Profanation

 

Fénelon ne jouit en paix de sa nouvelle sépulture que pendant trois quarts de siècle.

Dés le 7 septembre 1793, la cathédrale fut fermée et transformée en grange Bientôt, Comme on manquait de plomb pour fabriquer des balles, le Comité de salut public ordonna l'exhumation ; le tous les cercueils de plomb se trouvaient dans les églises de France. Ceux  de la cathédrale de Cambrai devaient être chargés sur des voitures  et transportés à la fonderie de Douai. Par mesure d’hygiène, l’ouverture des bières ne devait se faire qu’à Douai.

La  remise des cercueils au commissaire chargé, d'en prendre livraison se fit à Cambrai, le samedi 8 Févrîer1794 sous la surveillance d’un administrateur-adjoint du directoire du district M.Bernard Canonne, avocat en cette ville.. Il devait surtout jouer un grand rôle en 1814 au moment des recherches effectuées en vue de re trouver les restes de Fénelon.

N'anticipons pas. Le délégué du Directoire se fit conduire dans le caveau des Archevêques. Il était flanqué d’un ouvrier cambrésien, Antoine Normaux, et de deux canonniers de la garnison, Plantagenêt et un de ses camarades Plusieurs cercueils, trouvés intacts, furent retirés de leur! fours et charges sur les voitures. C'est alors que surgirent les fameux fédérés du 5éme  bataillon, qui défoncèrent les chasses de métal et s'acharnèrent sur les cadavres.

M. Canonne et ses aides en étaient arrivés au troisième four  à main droite en descendant.

La pierre qui en fermait l'entrée portait cette inscription :

Hic Jacet

Franciscus de Salignac de la Mothe Fénelon

Archiepiscopus cameracensis

Défunctus die 7 Januarii 1715

E priori tumulo translatus die 28e martii1720

 

D'un coup de pioche on fit sauter la pierre. Dès l'ouverture on s'aperçut du mauvais état de conservation de la bière et de son contenu. Le corps était réduit à l'état de squelette. Quant au cercueil, il était complètement disjoint : le couvercle s'était affaissé et était tombé dans le fond. Les mandataires officiels se trouvaient par conséquent dans l'impossibilité d'exécuter les ordres reçus. C'est à cette circonstance fortuite que nous devons la conservation des Restes de Fénelon. Un des ouvriers s'introduisit dans le four. II y laissa les ossements. Il n'enleva que les lames de plomb et celles-ci furent chargées à destination de Douai. Puis on remit dans le four les débris de la pierre qui jadis en fermait l'entrée. Et sans doute la lugubre besogne se poursuivit sur d'autres tombeaux.

.Quand elle fut terminée, personne ne songea à la précieuse dépouille restée dans le caveau. La cathédrale servait toujours de magasin aux grains. Le 6 juin 1796 elle fut vendue a Blanquart, de Saint-Quentin, et le vandale la démolit de fond en comble. Seule la tour resta debout. Les ruines s'amoncelèrent. Fours et caveaux furent comblés et pendant sept ans le trésor qu’ils recelaient disparut sous les terres et les débris de toutes sortes.

M. Clochez, dans une brochure intitulée : A-t-on conservé les restes de Fénelon, met en doute cette conservation. Il prétend que les fours étant restés ouverts tout le monde pouvait y puiser. La cathédrale, devenue magasin aux gains, resta bel et bien fermée jusqu'au jour ou elle fut vendue. Et Blanquart, aussitôt qu'il en eut fait l'acquisition, commença à la démolir et à combler fours et caveaux. Quand il eut laissé 'là son oeuvre, les ruines, il est vrai, étaient accessibles à tout venant. Et. l'on pouvait, sans doute, rencontrer bien des ossements épars provenant des multiples sépultures de la cathédrale. Mais les ossements du caveau principal étaient en sûreté, sous une masse énorme de décombres. Je n'en veux pour preuve que la durée des travaux entrepris en 1804 pour parvenir jusqu'à eux.

 

3 La découverte des restes de Fénelon

Après la tourmente, un des premiers actes du Gouvernement fut de se préoccuper des cendres de Fénelon. De Paris, on s'informa des chances qu'on pouvait avoir de les retrouver et de les recueillir. En. 1801, le ministre de l'intérieur écrivit au sous préfet de l'arrondissement. Celui-ci en référa au procureur, M. Farez.

M. Farez avait servi tous les régimes; il était bien placé pour savoir, il se rappela que M. Canonne avait présidé à l'affaire et le pria de rassembler tous ses souvenirs : « Toutes les « circonstances qui accompagnèrent l'ouverture « du tombeau, répondit Canonne, sont encore « présentes à ma mémoire. Le nom de Fénelon « était gravé sur la pierre qui fermait le four. « L'ouverture étant pratiquée, j'ai remarqué dans  le four un calice d'étain ou de plomb avec deux « chandeliers du même métal que le temps avait « consumés et presque dissous. Le cercueil de plomb était dans le même état. Le plomb fut « envoyé à Douai. Mais les restes de Fénelon « furent soigneusement conservés dans le « caveau».

 

 

. Canonne, disons-le en passant, semble s'attribuer le mérite du maintien sur place des ossements de Fénelon : il ne fut du, nous l’avons vu, qu'au hasard: reconnaissons cependant à Canonne celui d'avoir facilitè. leur recherche et permis leur identification.

Farez écrivit au maire de la ville : « Les cendres de Fénelon ne peuvent rester plus longtemps  sous les décombres... Vous allez sans doute  donner l'ordre de rendre accessible le caveau « où elles reposent.. . La dépouille mortelle sera  recueillie religieusement dans un nouveau cercueil après due l'identité aura été solennellemeent reconnue  ».

En date  du 27 juin 1804, le maire, M.Douay prit un arrêté portant que l’entrée de la sépulture des archevêques serait décombrée; que M. Béthune-Houriez 1er- adjoint, et M.Delcroix, receveur Municipal, présideraient aux travaux comme commissaires de la Municipalité ; que le Commandant d'Armes serait invité à fournir des sentinelles pour garder le chantier. Avis serait donné à la mairie dès que le tombeau de Fénelon serait découvert. Tout ce qui se trouvait clans le tombeau devait être recueilli dans un cercueil de chêne. Le transfert solennel était figé au 26 août Le cercueil fut commandé à Xavier Devaux-Molard, menuisier, rue de l'Ecu d'Or , et les terrassiers se mirent à l’œuvre.

Le travail fut long : on n'aboutit que le 4 juillet dans la soirée.

Nous touchons à un point extrêmement important d'histoire locale, la découverte des restes de Fénelon. Suspectée par l'abbé Clochez, cette invention ne peut faire aucun doute, si l'on s'en rapporte aux pièces officielles originales. Mais, faute de documents authentiques (difficiles à retrouver puisqu'ils ne sont pas encore classés à l'heure actuelle), les auteurs qui en ont écrit se sont copiés les uns les autres, chacun d'eux épousant les erreurs de ses prédécesseurs. Confiant dans les dires de Le Glay, j'allais, moi aussi, mettre le pied dans l'ornière creusée depuis longtemps, quand M. l'abbé Alvin:, curé de Ramillies, nie fit part d’une trouvaille récente, par lui faite aux Archives Municipales, dans le dossier, « Monument de Fénelon « . C'étaient les « Procès-ver baux constatant l'exhumation des cendres de « M. de Fénelon . Ces bonnes fortunes, même celles qui paraissent les plus fortuites, n'échoient qu'aux chercheurs habiles. M. l'abbé Alvin est depuis longtemps passé maître. .Je le remercie de tout cœur de sa communication.

J'ai bien dit les « procès-verbaux » . Il y en a deux, l'un du 4 juillet 1804, l'autre du 10, Car la découverte des restes de Fénelon se fit en deux temps. Voilà ce que Le Glay ne dit pas. De 1à tous les errements.

Le 4 juillet, vers cinq heures du soir, on vint informer le maire que la besogne des terrassiers touchait à sa fin. Toutes les autorités, immédiatement averties, se réunirent à l'Hôtel de Ville. A sept heures, encadré par la troupe, le cortège se met en marche au son des cloches du beffroi. Au préalable on avait reçu solennellement les dépositions de M. Canonne et de l'ouvrier Noreux. On savait donc ce qu'on allait trouver dans le caveau qu'ils avaient désigné, si leurs dires étaient exacts.

A dessein sans doute et comme pour rendre à tout jamais indiscutable la précision historique. du fait important qui allait s'accomplir, on avait fait appel à un grand nombre de personnalités de tous les ordres, de toutes les professions.

A coté du maire, M. Douay, s'avançaient l'évêque Mgr Belmas, accompagné de M. Servois, son vicaire général, le sous-préfet Dumolard, le procureur Farez, M. Cacheux, magistrat de sûreté, et M.Bocquet, commissaire de police.

La magistrature était représentée par M. Boilleux, président du Tribunal civil, M. Defoy, son assesseur, M Lequeux-Frémicourt, président de Tribunal de Commerce, M. Raparlier, juge de paix, et M. Goussainit, juge suppléant.

Viennent ensuite quatre militaires, les colonels Burguirolles, commandant d'armes, et Palombini, des hussards italiens, le capitaine d'artillerie Demaidy, et M. Deneuflieu, colonel du génie en retraite.

Outre le maire, l'administration municipale comptait à cette réunion M. Béthune-Houriez, premier adjoint, M Bruneau et Aimé Bris, conseillers municipaux, MM. Defrémery-Dehollain secrétaire en chef de la mairie et Le Pève chef de bureau.

M Delcroix, receveur de la commune marchait auprès de M Liénard receveur de l’arrondissement et de M Piquet-Bris contrôleur des contributions

Quatre membres du Conseil des secours (notre bureau de bienfaisance actuel) se trouvaient là M de Franqueville, Alexandre Frémicourt, Bétihune-Deloffre, et de Madre.

Citons encore MM. Ri chard-Frémicourt, président du Conseil d'arrondissement ; Canonne, membre du même Conseil ; Marchand, bibliothécaire de la ville, et le maître menuisier Fleury.

Enfin, deux notaires publics, MM. Lemoine et Le Boy, dont la présence est un nouveau gage de sécurité.

Après avoir à grand peine fendu la foule qui se pressait sur leur passage, ces trente-quatre témoins, dont on retrouve les signatures au bas du procès-verbal, descendirent dans l'ancien caveau des Archevêques et s'arrêtèrent devant le troisième four à droite en arrivant.

En leur présence, on écarta le peu de terre qui se trouvait encore à l'entrée du four, puis on eu retira une calotte de crâne bien conservée, une certaine quantité d'os dont plusieurs tombaient en poussière, et quelques planches de bois pourri. Fénelon avait été embaumé. La tête avait été sciée transversalement au cours de cette opération. On venait d'en retrouver la partie supérieure. Quant aux autres os non spécifiés et tombant en poussière, ce sont sans doute le maxillaire inférieur,

une omoplate, les rotules, une portion du sternum, une partie des mains et des pieds : ces os ne furent jamais retrouvés : ou bien ils s’étaient désagrégés, ou bien ils passèrent inaperçus parmi les décombres.

Bref. après avoir, le 4 juillet, recueilli dans le cercueil préparé à cet effet la moitié retrouvée du crame et les débris de bois, on dut en rester la le fond du tombeau était complètement obstrué impossible, pour le moment, d'aller plus loin.

Le cercueil fat fermé â vis, scellé, et laissé dans le caveau sous la garde d'un factionnaire

Ordre fut donné de poursuivre les travaux :ceux-ci durèrent encore six longs Jours : sans doute

on voulait achever complètement l’enlèvement des terres qui se trouvaient dans les différentes parties du caveau.

Enfin, le 10 juillet, vers six heures et demie du soir, les autorités revinrent sur les lieux  accompagnés cette fois de MM Evrard et Burard, docteurs en médecine.

 

Les os suivants leur furent présentés

1  La partie inférieure de la tête, c'est-,à-dire la base du crâne, se rapprochant exactement de la

     calotte crânienne exhumée six jours auparavant ;

2  Les os da bassin, des cuisses, des jambes ;

3  Les os des bras

4  Les vertèbres ;

5  Les côtes

6  Une omoplate ;

7  Une partie du sternum

8 Les phalanges des pieds et des mains, plus une ceinture de soie blanche presque consommée; une tunicelle, même étoffe, même état ; et la pierre qui avait autrefois fermé l'ouverture du four ; elle était brisée, niais la juxtaposition des fragments permit de lire l'inscription : Hic Jacet Franciscus de Salignac de la Mothe Fénelon... etc.

Le squelette était donc maintenant à peu prés au complet . il n'y manquait que la mâchoire inférieure, une omoplate, les rotules, une parti e du sternum. et certains os des mains et des pieds.

On descella le  cercueil fabriqué par Devaux-Molard, on y introduisit ces nouveaux restes et les scellés turent apposés. Le sceau de la Mairie lut appliqué, sur quatre bandes de papier double. Sur les landes signèrent Mgr Belmas, M. Dumolard, M. Burguirolles,M Boileux, et M. Douay.

La bière fut déposée dans le four qu'on venait de débarrasser, et, nuit et jour, un poste militaire en assura la garde, en attendant le transfert, que l'arrêté du maire avait fixé au 16 Août.

 

5. Dans les caveaux de la nouvelle cathédrale

 

Peu à peu le culte s'était rétabli intégralement. L'ancienne chapelle de l'abbaye de St-Sépulcre était devenue la nouvelle cathédrale et Fénelon y avait sa place toute marquée. C'est le 23 octobre 1822 qu'il y fut transporté

 La ville, en cette occasion, voulut lui rendre un solennel hommage.

Le cercueil avait, trois jours auparavant., été amené de la Fondation à l'Hôtel de Ville, où il fut exposé. 1.e public fut admis à défiler devant lui les 26, 27 et 28, de huit heures du matin à huit heures du soir, et le 29 jusqu'à dix heures.

La Salle du Consistoire était transformée en chapelle ardente: au-dessus de l'autel un immense blason portait les Armoiries concédées par l'empereur d'Allemagne à l'évêque Jacques de Croy, premier duc de Cambrai.

Au milieu de la salle, sur une estrade. le cercueil de Fénelon, recouvert d'un drap mortuaire, était surmonté de son buste en marbre par Lemoyne. Devant la bière on avait placé les armoiries du Prélat avec sa devise. A droite et à gauche, les restes de huit autres évêques, récemment retrouvés sous l'ancienne métropole, eux aussi : Gaspard Némius -, Ladislas Jonart, qui  n'avait voulu d'autres héritiers que les pauvres de la ville et dont le legs est encore administré de nos jours sous le nom d'Aumône Jonart ; Jean Richardot ; François Bulsseret ;Maximilien de Berghes, le premier archevêque de Cambrai ; Guillaume de Berghes ; Nicolas de Fontaine ; Jean de Lens.

Tous ces anciens évêques reposent depuis quelques mois dans le nouveau caveau de. la Basilique, sous la chapelle du Sacré-Coeur : ils viennent d'y être transportés : ils avaient été déposés en 1822 en même temps que Fénelon en église, mais, dans l’ancien caveau des abbés du St Sépulcre : ce caveau existe toujours, il est maintenant vide, si l'on excepte les corps des abbés qui y ont été renfermés avant la Révolution.

Reportons-nous au mardi 29 octobre 1822. 11 est onze heures du matin. Les cloches sonnent à toute volée. Sur la Grand'place sont rangés tous les corps constitués, toutes les autorités civiles, administratives, militaires. Les places ont été désignées d'après le décret du 13 juillet 1804, sur les honneurs et préséances. La Société d'Émulation figure au programme.

Les troupes forment la haie, tout le long du parcours prévu. L'itinéraire choisi suit la rue de l'Ange, la Place au Bois, les rues du Petit-Séminaire et St-Nicolas.

L'heure vient de sonner. Mgr Belmas, entouré de son clergé, arrive pour la levée des corps.

L'Administration Municipale le reçoit sur le perron de l'Hôtel de Ville et l'introduit clans la chapelle ardente, éclairée par 200 bougies, et ornée d'un grand nombre d’attributs funéraires.

Lecture est donnée du procès-verbal de remise des corps ; l'évêque signe avec les autorités, puis le cortège s'ébranle au son des marches funèbres.

Chaque cercueil est porté par quatre ecclésiastiques jusqu'à l'église, où les bières sont placées sur un catafalque magnifique que surmonte un riche dis frangé d’argent.

Mgr Belmas officie pontificalement. Le lutrin, renforcé par tout le personnel de l'Ecole communale de musique chante la messe des morts à grand orchestre. Après les absoutes, tous les cercueils sont descendus derrière le maître-autel, dans l'ancien caveau des abbés du St-Sépulcre. La plupart d'entre eux devaient y rester jusqu'en 1911.

 

5. Le monument de David dAngers

 

Ce ne pouvait être pour Fénelon la sépulture définitive : un monument devait évidemment lui être.érigé.

La Société d'Emulation en avait dès 1804 pris l'initiative, et une souscription avait été ouverte. En 1805 le Conseil municipal vota une augmentation d'un quart sur les droits d'octroi, eu stipulant que ces ressources supplémentaires ne pourraient être affectées qu'aux dépenses du monument. Il n'en fut rien d'ailleurs : elles servirent à couvrir les frais occasionnés par le voyage de Napoléon àt Cambrai en avril 1810.

Les plans succédèrent aux plans. Pendant longtemps l'idée générale était de dresser le mausolée de Fénelon sur la place qui port son nom, aux portes mêmes de son Palais, là on s'élevait jadis son antique métropole. Celle-ci n'était plus. Mais sa flèche restait toujours debout. Pourquoi ne pas employer cette flèche comme motif central du monument ? On trouve au Musée, dans la collection Dellove, le dessin d'un projet dans ce sens. L'ouragan de 1809 renversa la flèche, privée d'appui, et, du même coup, le projet.

L'idée du monument ne reparut qu'après la seconde Restauration. M. Le Roy en reprit l'initiative, le 5 septembre 1818, devant  ses collègues de l'Emulation. La Société ouvrit une souscription dans les journaux de l'époque; celle-ci fut plus heureuse due la première ; M. Laffitte, banquier à Paris, s'inscrivit pour mille francs ; le duc d'Angoulême, (le passage à Cambrai, fit la même largesse ; le roi Louis XVlII offrit le bloc de. marbre dans lequel devait être taillée la statue.

Les architectes s'obstinaient à choisir comme emplacement la place Fénelon. Le ministre refusa d'approuver leurs plans. Le mausolée d'un prince de l'Eglise ne pouvait selon lui se trouver sur une place publique, et c'est dans la cathédrale qu'il convenait de l'ériger.

L'observation était juste. Il l'ut décidé qu’un jardin serait planté sur les ruines de l'ancienne cathédrale. Toutefois, pour consacrer sur cet emplacement le souvenir de l'immortel archevêque, le Conseil municipal lui donna le nom de place Fénelon . Quant au monument, il fut décidé qu'on l'élèverait dans l'église S-Sépulcre, notre cathédrale depuis la Révolution.

M Gauthier, architecte des hospices civils de Paris en dressa les plans : son projet fut achevé au mois d'aoùt 1821. La statue et les bas-reliefs furent confiés à David d'Angers, dont ils sont le chef-d’œuvre. M. Bernard, marbrier à Paris, se chargea du reste.

La première pierre du monument de Fénelon fut posée par le maire de Cambrai, le 13 août 1823, à huit heures et demie du matin. On y travailla deux ans. La statue ne fut terminée que dans le courant de 1825 et l'inauguration solennelle n'eut lieu que le 7 janvier 1826 .

Mais l'assemblage des diverses pièces du monument était achevé dés le printemps de 1824. Et c'est cette année là que, le 21 juillet, les restes de Fénelon furent déposés dans le sarcophage. Le cercueil de bois préparé en 1804 n'aurait pu y trouver facilement place, et puis, ne l’oublions pas, il avait souffert de l'humidité, dans le caveau ouvert à tous les vents de la place Fénelon. On lui substitua ce jour là un cercueil de plomb, plus petit, et bien suffisant. pour recueillir les ossements.

Ni à la bibliothèque, ni aux Archives, ni aux actes du Chapitre, ni dans les journaux de l'époque, je n'ai trouvé nulle part la trace écrite de cette substitution. :M. l'abbé Alvin avait bien voulu joindre ses recherches aux miennes. Il était évident que le procès-verbal avait dû en être dressé. Toutes nos investigations étaient restées vaines, quand M. Paul Delannoy, archiviste de la Société d'Emulation et collectionneur passionné de tout ce qui touche au vieux Cambrai, me mit sous les yeux 1a brochure de M. Le GIay: « Notice sur le monument élevé à Fénelon » Je trouvai page 27, le procès verbal qu'on va lire :

« L'an de l'Incarnation 1824, le 21 juillet, à onze  heures du matin; nous Louis Belmas, baron,

 évêque de Cambrai; assisté de MM. Gardon de Garsignies, sous-préfet de l’arrondissement de Cambrai, Waterneau l’aîné, président du Tribunal civil : Bethune-Houriez, maire de Cambrai : le baron de Charlus ; lieutenant du roi, commandant la place de Cambrai et Le Glay, docteur en médecine, avons dans la sacristie de la cathédrale procédé à la levée des scellés apposés sur la bière de nois qui renfermait les reste de Mgr François de Salignac de la Mothe Fénelon et constaté l’identité des dits restes avec ceux qui avaient été déposés le 10 juillet 1804, laquelle opération eut lieu comme s’ensuit :

La bière de bois ayant été extraite du caveau où nous l’avions placée solennellement le 29 octobre 1822, et apportée dans ladite sacristie, nous avons reconnu que les sceaux apposés au nombre de quatre sur la partie supérieure de la bière étaient sains et entiers, sauf que les bandelettes de papier avaient souffert quelque altération par l’action de l’humidité.

Après quoi nous fait ouvrir la bière et avons fait extraire les objets ci-après désignés, savoir :

  1 La tête, divisée eu deux par la scie, sans  doute lors de l'opération de. 1'embaumeinent ;

  2 Deux tibias, deux. péronés, deux fémurs,  les deux os coxaux formant le bassin ;

 3  Deux humérus, deux cubitus, deux radius

 4 Vingt-deux vertèbres ;

 5 Vingt-trois côtes;

 6 Deux clavicules

 7 Une omoplate ;

 8 Un sternum mutilé et bifurqué à son appendice xiphoide ;

 9 Les phalanges des mains et des pieds ;

 10Une ceinture de soie blanche dans un état très avancé de vétusté ;

11 Une tunicelle de même étoffe et dans le même état ;

12° Les restes d'un pallium contenu clans une bourse de soie ;

13 Des sandales en partie consumées par l'humidité.

 Comparaison faite des objets ci-dessus désignés avec ceux qui sont spécifiés dans le Procès-verbal du 10 juillet 1804, nous avons reconnu que celte identité était incontestable, et que si dans ledit procès-verbal on n'a pas mentionné le pallium et les sandales, c'est qu'on aura pensé que ces objets faisaient partie de la tunicelle et ne devaient pas être énumérés séparément.

« En foi de quoi nous avons déclaré que les………………….. 

Nouvelle reconnaissance  des Restes de Fénelon

 Un siècle ne s'est pas encore écoulé depuis la position définitive des Restes de Fénelon, et depuis un certain temps déjà on entendait émettre opinions les plus diverses. Le procès-verbal de 1824 était perdu : c'était la route ouverte à tous les doutes : dès 1890, dans ses  Variétés Cambrésiennes, M. Delloye se posait question : « Sommes-nous en possession du corps de Fénelon ? » . Ceux qui' répondaient

affirmativement n'étaient pas d'accord sur l'endroit où ils reposaient. Les uns plaçaient le cercueil

sous la statue, derrière les bas-reliefs de David d’Angers, les autres, plus bas, derrière la grande plaque

de marbre qui porte l'inscription. Certains l’ont cherché dans le caveau situé sous le monument. D'aucuns prétendaient le reconnaître dans une petite boite de plomb qu'on conserve au caveau des

des Archevêques : l'opinion n'était pas soutenable ; les grands os énumérés au procès-verbal de 1804 n'auraient pu y trouver place.. D'ailleurs cette cassette de plomb provient de la collection Delattre  ; après la mort de M. Delattre, elle fut remise à l'archevêché et descendue par ses soins dans les caveaux de la cathédrale. M. Legrand, inspecteur des monuments historiques l'a fait ouvrir l'an dernier. Elle renfermait quelques os disparates avec cette inscription : « ossements extraits d'un sarcophage qui se  trouve au musée où il avait été transporté en  1822 de l'ancien tombeau des évêques et archevêques de Cambrai. »

Four mettre un terme à toutes les incertitudes, une reconnaissance exacte s'imposait.

Le 20 novembre 1911, Ms, Massart, doyen du Chapitre et chancelier de l'Archevêché, demanda a M. le Ministre de l'Instruction Publique et des Beaux-Arts la permission d'ouvrir le monument de David d'Angers et de s'assurer de l'état de conservation du cercueil de Fénelon.

L'autorisation, accordée le 3 février 1912, fut transmise par l'intermédiaire de la Préfecture à M. Legrand, architecte de la Basilique.

L'ouverture du tombeau eut lieu le 4 mars 1912. Sous la direction de l'architecte, délégué là cet effet par le Ministre, le travail commença à une heure et demie. Les ouvriers dee M. Fontaine. marbrier à Cambrai, tirent sauter quelques pierres de la face postérieure du sarcophage, à l'endroit où Mr. le curé de Ramillies avait relevé des traces de rejointoiement. Bientôt une châsse apparaissait.

L'ouverture fut agrandie. La châsse, extraite par cette brèche, était en plomb, et. mesurait 0;66 de long, sur 0,23 de large, et 0,24 de haut.

La châsse fut transportée à la sacristie du chapitre. Grâce au procès-verbal de 1804, (nous n'avions pas encore découvert celui de I824), on savait quels ossements elle devait contenir, s'il s'agissait bien de Fénelon : un crâne en deux parties, une seule omoplate, un sternum mutilé, etc.

Dès l'ouverture, on se trouva en présence d'une Tunicelle qui tombait en lambeaux, on l’écarta comme on put, et, en présence de Mgr Delamaire, des membres du Chapitre, de l'architecte, de W. Vincens, receveur des Domaines, et des représentants de la presse, les docteurs Coulon, vice-président de la Société d'Emulation, et Dailliez, enlevèrent un à un les ossements mis au jour et procédèrent à fa reconstitution du squelette sur une grande table préparée à cet effet. M. Mairesse, rédacteur â l'Émancipateur, en prit un cliché dont il a bien voulu autoriser ici la reproduction. Mgr Delamaire récita le De Profundis auquel répondirent les personnes présentes. Et la liste des ossements retrouvés fut dressée par M. l'archiprêtre Hécart sous 1a dictée des médecins.

  1. Un crâne divisé en deux parties par un trait de scie transversal ( le maxillaire inférieur manque)
  2. Vingt- et-une vertèbres
  3. Vingt-quatre côtes
  4. Une omoplate ;
  5. Deux clavicules ;
  6. Un sternum mutilé et bifurqué à son appendice xiphoïde ;
  7. Deux humérus, cieux cubitus, deux radius ;
  8. Le bassin au complet ;
  9. Deux fémurs, deux tibias, deux péronés (il manque les rotules) ;
  10. Deux calcanéums, deux astragales, un cuboïde, sept métatarsiens, cinq métacarpiens, une phalange du pied (c'est cet ensemble qu'on a désigné, aux procès-verbaux de 1804 et I824, sous cette appellation :les phalanges des pieds et des mains).

      Diverses mensurations furent opérées. Les fémurs furent trouvés longs de 0,48 cm., les tibias de 0,40, les humérus de 0,35. Il est donc facile (le déterminer exactement, au moyen des tables médico-légales de Lacassagne, la taille de Fénelon.

Elle était de 1 m. 80. Telles sont d'ailleurs les proportions de la statue. de Bougron qui se trouve au musée de la ville. Et cela correspond bien â la description que nous a laissée Saint-Simon, dans ses mémoires; à propos (le Fénelon: « Ce prélat était un grand homme, maigre, bien fait ».

On a bien aussi l'impression de cette stature, quand on examine les divers portraits du célèbre archevêque. On en trouve quatre ou cinq au musée de la ville. Mgr Sonnois possède une peinture que l'on croit avoir été faite du vivant de Fénelon ; M. Paul Delannoy a réuni plus de 200 gravures, toutes différentes, qui reproduisent ses traits ; le plus beau tableau que nous connaissions représentant Fénelon appartient à Me Taisne, notaire à Cambrai : il est attribué à Rigaud. M.. Taisne a bien voulu nous autoriser à prendre la photographie de cette toile et Je l'en remercie bien sincèrement.

Le cercueil renfermait, en outre, des débris osseux, presque réduits en poussière et qu'il a été impossible de déterminer, des fragments de sandales, et une boucle de métal rongée par l'humidité.Restes de Fenelon 2
Cliquez pour agrandir cette image.On y trouva enfin une médaille d'argent, parfaitement conservée, au millésime de 1822

cette médaille, semblable aux jetons de présence de la Société d'Emulation, est de forme octogonale

et d'un diamètre de trois centimètres ; elle porte sur la face le profil de Louis XVlll, avec cette inscription en exergue : «  Louis XVlll roi de France », et le nom du graveur « Fabre » ; au revers figurent les Armes de la Ville avec ces mots : « Bonne Ville de Cambrai. 1822 ».

Ce fut un spectacle inoubliable que celui qui se déroula dans l'après-midi du 4mars l9l2 à la grande Sacristie du Chapitre. Sur une immense table recouverte d'un drap blanc, il nous était donné de contempler le squelette. reconstitué de Fénelon: son crâne, qui avait roulé tant de sublimes pensées, le thorax où avait battu son grand cœur, ses membres aux imposantes dimensions. Du célèbre archevêque et duc de Cambrai, de l’illustre précepteur du petit-fils de Louis XIV de l'immortel auteur de Télémaque,, il ne reste que ces os jaunis et déjoints.

Le jour tombe, et tombe d'autant plus vite que. la pluie fait rage au dehors. Peu à peu les lumières s'allument dans la salle. émus et recueillis, les assistants ont peine à détacher leurs regards de ces restes vénérables et chers au cœur des Cambrésiens.

 M. le chanoine Hécart, archiprêtre, rédige le procès-verbal de ce qui vient de se passer. Le document, transcrit sur parchemin et signé par toutes les personnes présentes, est introduit dans un tube de cristal. Les ossements, respectueusement enveloppés d'un suaire de soie violette, sont replacés, par les soins de M. l'Archiprêtre, dans le coffre de plomb. On y dépose également la médaille de 1822 et le tube de terre contenant, outre le procès-verbal, une médaille de Marie, Reine du Clergé, apportée par M. le chanoine Ponceaud, et quelques médailles de Notre-Dame de Grâce ajoutées par M. le chanoine Hécart. Le cercueil, hermétiquement refermé par les plombiers, est replacé dans le tombeau de David d'Angers, sous la statue, derrière les bas-reliefs. Quelques minutes après, les marbriers rebouchaient la brèche.

C'est là que repose Fénelon. Le portail de son Palais est toujours debout. La pierre d'autel sur laquelle il disait la messe chaque samedi, est enchâssée derrière la chapelle de Notre-Dame de Grâce à la cathédrale. Sa croix pastorale est entre les mains de Mgr Delamaire. La collerette où la croix était suspendue se trouve chez Mgr Sonnois. Plus que tout cela, nous sommes maintenant certains de posséder ses restes. C'est bien au milieu de nous que le Cygne de Cambrai dort son dernier sommeil.

 

Les Restes de Fénelon

Docteur G Dailliez

Extrait du Tome LXVII des Mémoires de la Société d’Emulation de Cambrai

 

 

COMPLEMENT D INFORMATION

 

      Histoire de la franche ville d Haspres Tome II

      Par Charles Laurent Canonne 1935 page 22 et 23

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Le premier des Canonne qui vint s'installer à Saulzoir, fut Charles-Bernard né à Saint-Aubert le 13 novembre 1766. Il était avocat à Cambrai et administrateur-adjoint du directoire de la région de Cambrai au cours de la révolution. Dans le courant de l'an II, la patrie étant déclarée en danger, on fondait les cloches d'église pour en fabriquer des canons et le plomb des cercueils pour en faire des balles. Les tombeaux des archevêques de Cambrai, comme ceux des rois à Sains-Denis, furent brisés pour en tirer les métaux, par ordre du Comité de Salut Public. Bernard Canonne fus désigné par le. Comité pour assurer ponctuellement l'exécution des mesures imposées. Avantageusement connu par son caractère sage es modéré », si l'on en juge d'après taie lettre datée du 27 juin 1804 du: Procureur Impérial Farez, B. Canonne, après que l'on eut extrait le plomb du caveau. de Fénelon, y fit remettre les ossements par respect pour les restes du grand homme es pour que l'on pût les retrouver plus tard, tandis que des trou­pes de passage, indisciplinées, se livraient à de condamnables profanations. Bernard Canonne adressa, le 15 juin juin, au  Procureur Parez, les renseignements nécessaires à l'identification des restes de Fénelon, que le  Ministre d'alors avait ordonné de rechercher, en vue de les remettre dans une sépulture  digne du grand prélat qu'était le charitable François de Salignac de la Mothe-Féuelon. Sa lettre commence comme suit :

« Toutes les circonstances qui accompagnèrent l'ouver­ture du tombeau) de ce grand homme, si estimable par ses vertus, sont encore presentes à ma mémoire. Le nom de Féne­ lon était gravé sur la pierre d'entrée.;. » et se termine  par  ces mots : « Le  plomb fut envoyé à Douai, mais les précieux restes furent soigneusement conservés dans la caveau ».